• Taslima Nasreen, incarnation du Médiateur-Christ

    Je recopie ici un article que j'avais écrit à propos de Taslima Nasreen sur un autre blog, "Conversion spirituelle", que je n'ai plus le temps de continuer, et qui se poursuit...ici !

    http://conversionspirituelle.wordpress.com/2008/08/20/taslima-nasreen/

    il faudra bien d'ailleurs réfléchir sur le cas de quelqu'un qui se réclame sans cesse de l'unité mais commence des tas de blogs en passant de l'un à l'autre, etc...la psychanalyse aurait sans doutes des choses intéressantes à nous dire sur ce cas  (lire notamment ce que j'écris sur cette "haute science" dans l'article cité supra)

    J'ai assez tapé sur la France actuelle (qui aime bien châtie bien, comme on dit, et aussi : corruptio optimi pessima) pour reconnaître une "belle action" par laquelle notre pays se distingue : je veux parler du droit d'asile offert à cette femme admirable, Taslima Nasreen, qui était en fuite, passant de pays en pays, pourchassée par la vindicte de monstres (se réclamant de "Dieu" mais assimilables à des bêtes féroces), et que les puissances "démocratiques" n'avaient pas le courage de défendre et de protéger, en particulier cette Angleterre si tolérante (notamment pour les islamistes lançant des appels au meurtre) , si empressée d'expulser le "raciste islamophobe" Geert Wilders ou de laisser les manifestants "pro Hamas" injurier sa police aux cris de "porcs ! sales mécréants !" :

    http://www.bivouac-id.com/2009/02/14/londres-janvier-2009-la-police-britannique-insultee-et-humiliee-par-la-foule-mahometane-la-video-sous-titree-en-francais/

    http://www.bivouac-id.com/2009/02/12/alerte-le-depute-neerlandais-wilders-arrete-a-londres-va-etre-renvoye-aux-pays-bas/

    Taslima Nasreen va enfin pouvoir "poser ses valises", se reposer un peu, protégée par des policiers en civil (oui ça coûte cher à notre pays déjà surendetté, mais il y a tellement de choses qui coûtent très cher, notamment des montres de luxe, 250 000 francs soit presque 38000 euros me suis je laissé dire ); puis elle pourra, dans la Ville-Lumière, espérons le, reprendre ses activités de création artistique.

    Cette femme est d'une beauté "intérieure" et intemporelle, qui la place sur le même plan que les "Madones" des grands peintres italiens (NB : ceci n'est pas une déclaration d'amour ni une petite annonce ).

    Nous nous trouvons tous , nous autres français, grandis et enrichis par sa présence sur le sol de notre pays, et je doit lui dire un grand "Merci" d'avoir accepté de s'installer parmi nous.... cela nous tire, pour un court délai, hors du Néant de la "fosse de Babel" où Paris est entraînée, comme les autres capitales occidentales....comme le dit Goethe à la fin du "Second Faust" :

    "L'Eternel Féminin nous entraîne vers les hauteurs" (Das Ewige-Weiblich ziegt uns hinan )

    et nul doute que Taslima Nasreen ne représente cet Eternel Féminin, tout comme ce Médiateur auquel fait allusion Brunschvicg, et qui n'est autre que le Christ, ce Christ qui n' a rien à voir avec le christianisme (qui s'est montré infidèle à ses principes universalistes ), qui n'est pas lié pour l'éternité à un individu historique (Jésus ou un autre) mais que tout homme et toute femme peut "réaliser" en lui en se convertissant dans l'immanence du coeur et de l'esprit à l'humanité véritable, c'est à dire aussi en se déifiant, selon les termes même de Brunschvicg dans l'article évoqué ici : "Spiritualisme et sens commun".

    Bien sûr, il est regrettable que ce mot de "médiateur" ait été depuis souillé, en étant utilisé pour d'autres usages : cela semble être en particulier une nouvelle lubie de notre cher "président" d'affubler ses ministres ou secrétaires d'Etat en difficulté (Yves Jego, Valérie Pécresse, etc..) de médiateurs et de médiatrices, chargés d'arrondir les angles, et bientôt sans doutes de médiateurs de médiatrices, etc...comme ce monde moderne devient compliqué !

    On notera aussi que le livre de Brunschvicg "La philosophie de l'esprit", cité dans cet article, est maintenant accessible sur le site des "Classiques" :

    http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/philosophie_de_esprit/philosophie_de_esprit.html

    Voici donc le texte de l'ancien article que j'avais écrit, j' ai cru bon d'en retrancher les vociférations contre la psychanalyse et Freud auxquelles je m'étais livré, qui n'ont rien à voir avec le sujet, qui ne porte pas sur les viennois barbus forcenés, morphinomanes,  et pseudo-rationalistes mais sur cette "Grande Dame" de la Pensée : Taslima Nasreen.

    *****************************************************************************************************

    «La philosophie de l'esprit» est un petit recueil de leçons qu'a données Léon Brunschvicg en Sorbonne en 1921 et 1922; il s'agit d' un travail préparatoire au grand oeuvre qu'est le «Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale».

    J'en tire ces lignes admirables, extraites de la treizième leçon : La conversion à l'humanité

    « ce qui s'oppose avec Socrate à la force matérielle du passé social, c'est l'humanité idéale que portent en soi la découverte et le développement de la raison pratique, c'est une sorte de Médiateur tel que sera le Verbe selon Malebranche dans les Méditations chrétiennes, ou le Christ selon Spinoza dans le Tractatus theologico-politicus.

    Le Médiateur est présent chez Galilée devant le Saint Office, comme plus tard, devant la violence acharnée des critiques, chez Lavoisier ou chez Cauchy, chez Pasteur ou chez Einstein. C'est lui aussi qui est, devant les condamnations prononcées par les autorités sociales, présent chez le Pascal des Provinciales et chez le Voltaire de l'affaire Calas, chez le Rousseau de l'Emile et chez le Kant de la Religion dans les limites de la simple raison.

    Cette présence est ce qui rend heureux le modèle de justice que Platon a dépeint dans le second livre de la République:

    il sera fouetté, torturé, mis aux fers, on lui brûlera les yeux; enfin, après lui avoir fait souffrir tous les maux, on le mettra en croix, et par là on lui fera sentir qu'il faut se préoccuper non d'être juste mais de le paraître

    Or le juste parfait, quelle que soit sa destinée, du point de vue physique ou social, est heureux non en songeant à l'avenir, par l'espoir d'un temps où serait matériellement compensé et récompensé le sacrifice actuel, mais par une joie immédiate, intérieure et pleine qui ne laisse place à aucune idée de sacrifice, où il s'exalte au contraire dans le sentiment d'incarner la justice éternelle et universelle »

    j'ajouterai bien sûr tout de suite, ce que Brunschvicg ne pouvait pas dire de lui même,  que le plus parfait exemple de ce Médiateur ( qui est aussi le Logos endiathetos ou le Verbum ratio du «Progrès de la conscience») est.... Brunschvicg lui même. Et la mise en croix n'a pas consisté dans son cas en une mise au ban sociale (puisqu'il était l'une des sommités, l'un des Mandarins de la philosophie française, au moins dans les années 30) mais dans la parfaite incompréhension, ignorance (et mise sous silence, ou presque,  depuis 1945 ) du sens de sa pensée...ceci pour ne pas parler des affreux malheurs qu'il a dû subir à la fin de sa vie à partir de l'invasion allemande de 1940, malheurs qu'il a endurés avec le calme parfaitement stoïque qui signalent le Sage, et prouvent , vérifient, qu'il a réalisé, comme Spinoza, «non pas le meilleur système philosophique, mais la vraie philosophie».

    Ceci est d'ailleurs une réponse aux critiques d'un Martial Guéroult (critiques qui doivent être prises en considération venant de l'un des plus grands historien de la philosophie) qui croit réfuter l'oeuvre de Brunschvicg en observant que celle ci fait sans cesse appel à l'exigence de vérification, mais omet de vérifier ses axiomes de départ (ce qui est impossible d'après les conceptions de Guéroult d'ailleurs). Mais la vérification est ici la personne même de Brunschvicg (ou de Spinoza) dont TOUS les commentateurs, même les plus critiques, reconnaissent l'immense valeur , ainsi que  la parfaite bonté et humilité et pour tout dire la parfaite humanité...

    Mais je voudrais ici reconnaitre un nouvel avatar (mot choisi exprès ici) du Médiateur   en la personne de cette femme admirable et sublime qu'est Taslima Nasreen.

    Je ne veux certainement pas jeter la pierre à Ayaan Hirsi Ali ni à Theo Van Gogh, dont j'admire l'immense courage (que Theo Van Gogh a payé de sa vie) face au fanatisme qui en ce siècle menace l'humanité dans son existence même, mais il me semble que Taslima Nasreen se situe, comme d'ailleurs Salman Rushdie dont elle partage les origines et le génie littéraire, à un niveau supérieur.

    Je n'en veux pour preuve que son livre Lajjâ , cause de tous ses ennuis, livre insupportable pour les islamistes comme pour les autorités politiques puisqu'elle y fait une place à l'autre , Autre qu' est pour elle, la musulmane par la naissance,  l'hindou qui est le héros du livre et dont elle raconte les persécutions qu'il subit de la part de la majorité musulmane du Bangladesh:

    http://www.republique-des-lettres.fr/10280-taslima-nasreen.php

    Cette femme d'un talent et d'une noblesse de caractère exceptionnels est soumise depuis des années à des menaces de mort, harcèlement et persécutions de la part de groupes islamistes, et obligée de mener une vie errante en changeant régulièrement de pays et de continent. L'Inde, pays où pourtant les musulmans ne sont qu'une minorité (mais une minorité très agissante) est embarrassée par son cas : craignant que le fragile équilibre communautaire ne soit rompu, et que des émeutes inter-ethniques n'ensanglantent le pays, les divers pouvoirs politiques des états de l'Inde où elle se réfugie se croient obligés de l'exfiltrer , cédant aux exigences des islamistes. L'Europe ou les USA pourraient lui accorder un visa de réfugiée (mais là aussi , les agitateurs islamiques feraient tout ce qu'ils peuvent pour qu'elle soit expulsée), mais Taslima Nasreen considère que c'est l'Inde qui est son cadre naturel, et ne veut vivre que là bas.

    J'extrais du site suivant :

    http://www.chiennesdegarde.org/article.php3?id_article=32

    la réaction, en 1999, de la première ministre bengladaise de l'époque à un livre de Taslima:

    « Taslima Nasreen vient de littéralement tuer son père et sa mère dans son dernier livre. Ce qu'elle écrit, ce n'est ni plus ni moins que de la pornographie, ajoute-t-elle en rappelant que l'écrivain a été trois fois divorcée. Et de conclure : Son livre, je viens de le faire interdire !»

    ces propos sont glaçants et terrifiants !

    C'est ici que les lignes de Brunschvicg citées plus haut, et qui ont été écrites en 1921-1922, prennent tout leur sens !

    Quel est il , ce Dragon, qui semble Tout Puissant et éternel, auquel Taslima Nasreen doit faire face comme en leur temps Socrate à ses juges ou Galilée (ou Giordano Bruno) à ses inquisiteurs ? il s'appelle fanatisme bien sûr, ou intégrisme, ou extrémisme , catégories dont sont friands nos medias occidentaux politiquement corrects, qui rappellent (et ils ont raison) que Taslima Nasreen pourrait trouver un refuge où personne ne viendrait chercher à l'expulser dans un état , celui du Gujarath par exemple, gouverné par les extrémistes hindouistes qui par haine de l'Islam sont prêts à l'accueillir les bras ouverts.

    Mais Taslima Nasreen refuse, et pour une bonne raison qu'ignorent nos medias occidentaux si corrects : c'est qu'elle est une nouvelle incarnation, un nouvel avatar du Médiateur dont parle Brunschvicg, et que comme l'avait vu Brunschvicg elle ne fait pas face seulement au dragon fanatisme, mais à un monstre bien plus puissant sans lequel le premier n'aurait aucune force  : le conformisme social et religieux. Car sont ils des hommes de foi, ces gouvernants qui expulsent (oh pardon : exfiltrent ) une femme qui est un écrivain de génie, et qui pourrait apporter au pays où elle résiderait un gain culturel considérable, juste pour éviter des émeutes sanglantes en cédant aux exigences des islamistes ? sont ils des hommes de foi ces leaders religieux qui déclarent que l'on peut parler de tout, y compris du port du voile, mais que ce qui est insupportable est la manière indécente dont Taslima (comme Theo Van gogh en son temps) a osé parler du Prophète de l'Islam ?

    mais pourtant le Prophète Mahomet n'est qu'un homme comme les autres (faillible donc !), c'est là l'une des bases de l'Islam, qui entend se démarquer du mythe chrétien de l'incarnation divine ou des mythes hindouistes des Avatars... mais il semble que certains sont plus hommes que d'autres, puisque toute critique du Prophète est interdite sous peine de mort, et que ce prophète semble jouir de droits spéciaux (avoir treize épouses notamment, et d'innombrables concubines, alors que l'Islam interdit d'en avoir plus de quatre).

    Ici encore c'est Brunschvicg qui nous prévient en opposant le prophétisme, propre aux mentalités primitives d'Orient, à la Raison qui est aussi la spiritualité véritable propre à l'Occident (l'  Occident véritable là aussi, dont l'Occident actuel n'est qu'une pâle copie non conforme), raison attachée au scrupule de l'incessante vérification, contre le dogmatisme oriental qui assène : «C'est Moi la Vérité !». Voici la citation de Brunschvicg qui correspond si bien là encore au sujet traité :

    Léon Brunschvicg évoquait « la nécessité psychologique qui fait que le soit-disant prophète ne peut emprunter sa figuration de l'avenir qu'aux ombres du passé ». Il opposait « le positivisme de raison » au « positivisme d'Église fondé tout entier sur le sentiment de confiance qu'un homme éprouve (et fait partager) dans la valeur unique de sa pensée et où il puise l'illusion de pouvoir créer la méthode et dicter à l'avance les résultats des disciplines qui ne sont pas encore constituées à l'état de science. » .


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