• La guerre

    Nous sommes en guerre.

    Nous sommes en guerre depuis toujours.

    Qui ça, "nous" ? s'agit il d'un n-ième avatar du choc des civilisations ? non, rassurez vous !

    ou plutôt ne vous rassurez pas ! car ce n'est pas mon but de "rassurer".

    "Nous" c'est l'humanité ! l'humanité n'est pas unifiée mais elle est UNE, en droit.

    C'est, si vous voulez, l'homme en compréhension plutôt qu'en extension. Pas les misérables pleutres qui vacillent et gémissent sur la terre de souffrance, et dont je fais partie tout comme vous, cher lecteur, hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère en désespoir et en déréliction.

    C'est l'homme conçu comme idée de l'homme.

    Idée partielle, provisoire, car l'Idée parfaite de l'Homme, c'est Dieu. Ceci est une définition, la première de toutes... la plus importante bien sûr.

    On comprendra dans ces conditions que je reste évasif sur les différentes humanités (Néanderthal, sapiens, etc...), ou plutôt espèces humaines, qui se sont succédées.

    La théorie de l'évolution darwinienne est  "vraie", en ce sens que c'est la seule théorie scientifique dont nous disposons sur ce sujet.

    Et quant aux neuneus créationnistes qui se révoltent contre le darwinisme, qui veulent faire entendre leur voix "alternative" (pour le moment, car s'ils avaient un jour le pouvoir, nul doute qu'ils changeraient de ton), il faut leur interdire de s'exprimer. Car ils pourrissent la jeunesse avec leurs thèses immondes et infantiles, voir :

    http://www.rebelles.info/article-28494198.html

    voilà ma façon d'être démocrate !

    je suis franc moi, et pour cause : je ne brigue aucun suffrage , aucun portefeuille , aucun poste avec "jetons de présence" et juteux bonus, aucun "fromage", comme on dit !

    les hommes se sont fait la guerre depuis toujours parce qu'ils ont toujours refusé d'accepter cette vérité, terrible il est vrai, et réservée aux âmes bien trempées, que l'homme est en guerre avec la Nature, et qu'il se définit ainsi. C'est bien pour cette raison que je reste évasif sur les différentes espèces humaines : je les admet toutes avec nous, sapiens, car il me semble qu'elles aussi étaient en guerre avec leur environnement, leur "être là".

    Nous sommes en guerre contre la Nature, extérieure et intérieure !

    La Nature c'est ce que nous n'avons pas fait, pas créé nous mêmes ! nous n'en voulons pas ! nous voulons le détruire pour mettre à la place notre création.

    La Nature a été assez étudiée, il faut maintenant la transformer, c'est à dire la détruire pour la (re) créer : pour créer une Non-Nature, une Mathesis universalis.

    L'Homme, l'Homme-DIEU, l'Homme ayant l'idée de l'Idée de l'Homme qui est Dieu , est, veut être, le Créateur du Monde. Pas du monde naturel se trouvant là, et que nul n'a créé. Le monde futur.

    Tel est le seul sens possible (non infantile) des mythes de création.

    Et maintenant faisons parler le fantôme de Dostoïevsky...via ce texte magnifique de la fin du "Sous-sol" :

    "regardez y bien : nous ne savons même pas, aujourd'hui, où se niche la vie, ce que c'est, comment cela s'appelle. si l'on nous abandonne, si l'on nous retire nos livresn nous nous embrouillerons, nous ne saurons plus où aller, comment nous diriger, ce qu'il faut aimer, ce qu'il faut haïr, ce qu'il faut respecter, ce qu'il faut mépriser. Il nous est même pénible d'être des hommes, des hommes possédant un corps bien à eux et du sang; nous en avons honte, nous considérons cela comme un opprobre et rêvons de devenir des espèces d'êtres abstraits, universels. Nous sommes des êtres mort-nés,et il y a déjà longtemps que nous ne naissons plus de pères vivants, ce qui nous plaît fort; nous y trouvons goût.

    Bientôt nous trouverons le moyen de naître directement de l'idée"

    Ces lignes ont été écrites au 19 ème siècle, et préfigurent selon certains le communisme :  Dostoïevsky, en bon chrétien, considère ces paroles de son "anti-héros" avec horreur bien sûr. Mais Dostoïevsky vaut mieux que Dostoïevsky....ce qui est d'ailleurs notre cas à tous...enfin espérons le, parce que sinon, je ne vois plus comme solution que le revolver.

    aujourd'hui nous y sommes : bientôt nous naîtrons directement de l'idée, de l'éprouvette veux je dire, en laboratoire. Ceci correspond aussi au verset de Bereschit 1 (Genèse), où Dieu parle de l'homme : "et maintenant, qu'il ne puisse pas étendre la main et se saisir aussi de l'arbre de vie, et vivre à jamais comme l'un des Elohim, connaissant le Bien et le Mal".

    Nous y sommes ! notre science est en train de se saisir de l'Arbre de Vie, et de le (re) façonner à notre gré ! nous sommes l'Homme-Dieu ! pas nous bien sûr ! pas nous autres les pleutres "se trouvant là" ! NOUS ! que ceux qui ont des oreilles entendent !

    Cela fait peur à Finkielkraut, Axel Kahn et d'autres grincheux pétochards ? tant mieux !

    Ils devraient se rappeler la Geworfenheit de Heidegger  : tous tant que nous sommes, nous avons-été-jetés, et ce mode d'être n'est pas historique , factuel, mais historial-transcendantal : nous sommes depuis toujours et pour toujours jetés.

    Ou, si vous préférez : nous sommes tombés d'un vagin ! la belle affaire ! le beau destin !

    Est ce cela que nous voulons conserver ? ne rêvons nous pas d'un "être" plus haut, différent ?

    Si ! nous ne voulons plus sortir d'un vagin, mais directement de l'Idée, de l'Esprit, et nous y arriverons !

    A mon tour de réclamer la tolérance : vous voulez continuer à vous reproduire comme les hommes et les femmes l'ont toujours fait, en se promettant (mensongèrement) un amour éternel,  etc..etc... on connaît la chanson, et elle nous ennuie. O Mort vieux capitaine, il est temps, nous voulons plonger dans l'inconnu pour trouver du nouveau !

    libre à vous de continuer : mais laissez ceux qui veulent trouver autre chose libres de réaliser leurs "expériences", libres de se saisir de l'Arbre de Vie ! de toutes façons vous ne pourrez pas nous en empêcher ! la liberté pousse un cri !

    Comme l'a dit Cioran, pour le coup bien inspiré, ce qui est rarement le cas :

    "il ne saurait convenir au fils de Dieu, à l'Homme Dieu, de résulter d'une gymnastique de 5 minutes couronnée d'un grognement béat"

     

     

     


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